Je suis arrivée ici il y a presque cinq ans maintenant et je n’ai pas, c’est la grande réalité, de médecin attitré ni pour moi, ni pour mon fils. Et, il va sans dire, je ne vais plus chez le médecin à cause de cela. Oubliez les examens annuels, les petits bobos qui font souffrir, on espère vivre longtemps en faisant très attention à soi car Hola ! s’il fallait être malade, ou irions-nous ? … Alors, à moins d’avoir une chute de pression, de perdre connaissance en plein lieu public, ou bien, de carrément voir mon coeur s’arrêter là net et sec, le médecin ne m’est point accessible ! … Je blague un peu là , mais à peine avouons-le …
Je suis allée, en tout et partout, environ deux ou trois fois en cinq ans dans une clinique des Laurentides … c’est tellement compliqué je trouve. Il faut arriver à 7 heures et oser espérer avoir un rendez-vous dans la journée, mais encore… je suis déjà arrivée, à 7 h 30, à la porte d’une clinique qui disait ouvrir pour du sans rendez-vous à 8 h 30 et une heure avant, croyez-le ou non, il était inscrit sur la porte d’entrée, verrouillée bien sûr, que la clinique était complète pour la journée ! Faut le voir … Même pas ouvert et déjà complet… ça me renverse honnêtement.
Alors, dans cet état de fait, je vais à l’hôpital. Au moins là, tu peux prétendre que tu verras un médecin, même si c’est trois jours plus tard… Bien oui, car il y a un code de couleur n’est-ce pas et si tu es classé vert, oublie-ça, à moins qu’il n’y ait personne qui meurt du coeur et que l’ambulance n’ait jamais franchi la ligne d’arrivée avant toi, tu seras correct, si non, avant de devenir codé rouge, tu peux rester vert bien longtemps et résultat assis sur ton banc …
Une fois, au cours de ces cinq ans, je suis allée à l’hôpital avec mon fils qui s’était fait mordre par un chien et avait besoin de points de suture dans le visage… nous sommes passés environ 3 heures après notre arrivée, genre à 22 h 30, avec comme prix de consolation, les mille excuses du médecin… que voulez-vous que l’on fasse, on va pas lui tomber dessus le pauvre, il est seul pour soigner toutes les urgences de la soirée… Quel système … je travaille dans de biens meilleures conditions.
Alors, faut pas s’étonner de lire dans La Presse que les Québécois ne connaissent pas leur médecin et ne vont pas le visiter souvent. Les rares qui ont la chance d’avoir un médecin de famille, s’ils veulent le garder, font mieux de ne pas trop l’embêter à toutes les semaines, sans quoi il pourrait déguerpir aux States subito presto ou encore fermer carrément boutique en devançant sa retraite ! Ne riez pas, j’ai entendu ça déjà … Bien quoi, un médecin n’est pas obligé de travailler comme dans une manufacture après tout … Habituellement, ils choississent cette profession pour la passion ou pour l’argent… c’est ça qui les retient ici ou bien non en fait… Dépend de leur objectif de départ. Si c’est l’argent qui les dirigent, ils vont bien vite partir vers les É.U. où ils reçoivent cadeaux, primes et se voient accueillis avec une révérence …
Dans une enquête menée par je ne sais plus quel sondeur, on mentionne que 51 % des Québécois omettent d’aller faire leur visite annuelle chez le médecin. Moi, je nous comprends (j’en fais partie, lire plus haut). En fait, soit tu dois prendre une journée de congé, pour ensuite attendre pendant trois heures pour te faire dire que tu n’as rien en cinq minutes, ou soit tu n’arrives même pas dans ta journée de congé à voir le médecin en question parce que t’es pas arrivé à la porte de la clinique à cinq heures du matin ! … On ne peut pas dire à son boss le lundi matin: "Écoute boss, peut-être vais-je rentrer cette semaine, je dois voir le médecin, alors je reviens après" … mmm…. "You’re fired !" va-t-il vous répondre hein et rapidement ! …
Non mais, peut-être est-ce moi qui trouve que c’est devenu trop compliqué et qui abdique, mais quand même, quand j’étais une petite fille, il me semble que c’était pas compliqué comme ça de se rendre chez le médecin. Tout le monde avait son rendez-vous à l’heure et attendait juste le temps qu’avait pris le retard du médcecin cette journée-là, soit un temps raisonnable. On dit que ce qui a changé en fait c’est qu’il y a moins de médecins accessibles et ce pourquoi on se retrouve dans ce brouhaha … Et quand il est temps de reconnaître un médecin étranger qui veut lui travailler chez-nous on fait en plus des courbettes, on rechigne, il a pas le cours de ceci, le diplôme de cela… Comme si on avait les moyens de s’empêtrer avec ça… être plus conciliant nous permettrait peut-être d’avoir plus d’accès aux soins … mais après tout est-ce si important de se faire soigner …. soyons plutôt politiquement correct …
En fait, qui veut faire médecine au Québec aujourd’hui…
La médecine est un programme très contingenté. 90 personnes sont admises par année. Cependant, une fois admis, 99% des étudiants obtiennentleur diplôme, Dieu merci ! Mais à quel prix car ils se retrouvent souvent à travailler dans des conditions parfois inadmissibles pour des professionnels (salles d’urgence, entre autres). Ça me fait drôlement ch… de ne pas avoir accès à un médecin quand j’en ai besoin, mais je comprends leurs conditions de travail par contre et la situation.
Après tout, les médecins, ce sont des hommes et des femmes qui ont étudié pas mal plus fort que vous et moi en moyenne pour atteindre leur idéal et on les traite parfois comme des machines … Il faudrait avoir un peu plus de respect pour cette profession, plus qu’essentielle, elle ne fait pas qu’apporter à notre bien-être, son essence de base est de sauver des vies aussi pas juste de faire de la prévention ! Ayons donc aujourd’hui ne serait-ce qu’un peu de compassion ou une pensée positive pour nos médecins et soyons encore plus sévères envers nos politiciens qui, bien sûr, disent s’attaquer à corps perdu au problème de la santé dont ils ne trouve, les pauvres, aucune solution à court terme …
Je ne suis pas malade, Dieu merci, et donc pas trop en misère de ne pas avoir de médecin. Mon fils est en parfaite santé, mon chum aussi. Je n’abuse pas du système comme certaines personnes qui m’entourent et à qui j’ai parfois le goût de dire, si tu y allais moins souvent, et que tu abusais moins des services hospitaliers pour un rien, je pourrais peut-être penser un jour avoir accès moi aussi à un médecin quand j’en aurai besoin , mais bon … passons…
À cet effet, je dois avouer que je serais pour un ticket modérateur … oui, je sais, je vous vois sourciller, mais à mon sens, cela éliminerait les abuseurs, ceux qui pressent le citron, et se retrouvent à la clinique ou à l’urgence de l’hôpital pour un p’tit rien … Ça permettrait alors au personnel infirmier et aux médecins de donner un meilleur service car moins toujours pressés par le temps et à ceux qui ne peuvent pas avoir accès à un médecin de famille, comme la belle Ana, de peut-être songer y accéder … Ça sauverait pas le monde mais … *clin d’oeil* …
Allez hop ! Je vous quitte avant de vous rendre malade à lire ce post et à vous voir courir à toutes jambes chez votre doc préféré !
Enjoy your evening !
Ana
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