Photo de Malmostoso
J’ai lu sa biographie, je l’ai admirée, et je m’en sers à l’occasion comme exemple pour me propulser plus loin … Je parle ici de Hilary Clinton, une grande dame des États-Unis qui joue actuellement, de toute sa passion et de son amour pour son pays, le jeu de la politique pour devenir, on lui souhaite, la plus grande dame des USA …
Honnêtement, j’ai été plus que choquée hier lorsque j’écoutais les médias parler de sa victoire qui se serait concrétisée, selon eux, grâce à ses larmes et sa chute d’émotion … et surtout, wow, que les femmes auraient voté pour elle à cause justement de ce moment émotif … oufff… là, j’ai pas été choquée, j’ai été insultée en tant que membre de la gente féminine.
Ce qu’il ne faut pas entendre, vraiment … que les femmes l’aient aidée à monter au sommet dans ce vote, oui, je n’en doute point. Elle est un modèle pour plusieurs. Mais que les Américaines aient été naïves au point de l’élire sur un coup de larmes … bien voyons donc … faut pas nous prendre pour des valises mesdames et messieurs les médias… J’ai jamais entendu quelque chose d’aussi ridicule envers les femmes depuis un lustre … Et j’en suis visiblement vexée.
On cherche par tous les moyens de comprendre comment elle a pu passer de la lourde défaite de l’Iowa à la victoire du New Hampshire … peut-être qu’il faudrait plutôt examiner sa stratégie, l’efficacité de son équipe, la place qu’elle a occupée pendant longtemps dans la tête et le coeur de certains Américains. Et comme le faisait remarquer Paul Arcand ce matin en ondes, si elle n’a versé aucune larme alors qu’elle était sous les projecteurs lorsque son mari l’a trompée au sus et à la vue de tous les citoyens américains, et ce, dans un moment où la pression vécue côté humain était à son summum, pourquoi aurait-elle flanché aussi facilement devant une seule défaite à l’investiture …
Oui elle avait de l’émotion dans la voix Hilary. Et puis après ? Certains hommes politiques, eux, ont de la colère. Pensez ici au Québec à Mario Dumont quand il monte le ton parfois en parlant de Jean Charest ou encore au ton un peu vexé souvent employé par André Boisclair ou par Pauline Marois. Les a-t-on accusés d’être trop émotifs ? De ne pas savoir contenir leurs émotions ? Jamais. Est-ce que ça remet en question leur capacité à assumer les coups ? Non.
C’est normal en politique les émotions. Ça fait partie des discours, Et souvent, ça les rend plus efficaces pour passer les messages. Les grands de ce monde ont plus souvent qu’autrement montré à la face du monde ce qu’ils ressentaient ou percevaient. C’est ce qui les a démarqués des faibles et de ceux qui n’osent pas dire ou montrer les choses telles qu’elles sont.
Quand René Lévesque a pleuré lors de sa grande défaite, a-t-on cessé de lui faire confiance ? Non. Pourquoi ? Parce qu’il était un homme ? Non. Parce qu’il était humain et qu’il a su toucher le peuple québécois qui lui faisait confiance. Il a démontré sa passion, sa déception aussi et sa peine envers la défaite de la cause qu’il défendait. Mais personne, à ce moment-là, n’a pensé le rejeter et le voir quitter son parti. Et les larmes qu’il a versées rendent souvent fiers les Québécois qui l’admirent encore même après sa mort.
Derrière chaque grand parti politique il y a un chef qui est avant tout un être humain. Un chef ou un aspirant chef qui vit de la pression chaque jour, qui se doit d’éviter la moindre faille, de projeter devant les projecteurs une image forte, intelligente et toujours parfaite. Qui de nous tous, du plus petit au plus grand, est capable chaque jour, chaque heure, d’autant de perfection sans jamais éprouver la moindre colère, la moindre envie, la moindre fatigue…
Barack Obama est somme toute un aspirant qui donne l’image d’un homme intelligent, qui veut apporter le changement. Il a toutes les chances lui aussi de remporter encore d’autres victoires au cours de cette course où chaque état devra être gagné à coup de patience, de stratégie et de longueur de temps. Il en reste tout de même du chemin à parcourir et on ne saura que dans plusieurs mois qui l’emportera vraiment.
Il promet le changement, elle, elle annonce un vent de sécurité, de force et d’expérience. Il veut engager les dialogues avec l’Iran et même Cuba, elle veut plutot protéger les Américains avec un régime d’assurance-maladie accessible à tous. Ils se complètent finalement ces deux-là quand on y pense … En fait, l’idéal serait peut-être qu’ils règnent en co-proriété *clin d’oeil* … Je dis des niaiseries bien sûr .. N’empêche que l’on sent que l’un vise les jeunes et l’autre la classe moyenne de 40 ans et plus. Qui va l’emporter celui qui aura le plus vaste public bien sûr mais encore… La politique est comme l’amour, c’est parfois si surprenant.
Le New Hampshire a donc été crucial pour Clinton, et les comparaisons avec son époux étaient inévitables. En 1992, Bill Clinton avait fini à la seconde place de la primaire du New Hampshire en dépit d’une intense campagne de dénigrement relative à son infidélité conjugale. Son score lui avait permis de se présenter comme le "Comeback Kid", "le gamin du rebond" – Le monde, 4 janvier 2008. En effet, ce fut assez paradoxal, avouons-le.
Et dans toute cette vague médiatique on oublie peut-être qu’ils ne sont pas que deux mais plutôt trois sénateurs : un de l’Illinois (Obama), un de l’Arizona (John MacCain), un de New York (Hilary) ainsi que deux ex-gouverneurs des Massachusetts (Mit Romney), de l’Arkansas de surcroît ex-pasteur baptiste Mike Huckabee. Un pasteur, fait peur un peu ça quand même… Après Bush faudrait peut-être se tenir tranquille du côté de Dieu mais bon … A côté de ces figures de proue, on peut citer d’autres candidats comme Joe Biden, John Edwards, Bill Richardson ainsi Ruddy Giulani, Fred Thompson, Christopher Dodd, Dennis Kucinih… Bref il y en a du monde qui vise la chaise ultime …
Des semaines de plaisir en perspective à se tourner vers autre chose que notre propre nombril …
Ana
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