PLEINEMENT MOI

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Dépassé 50 ans, l’équilibre n’est pas un frein. C’est une stratégie de vie.

Et si la vie ne m’intéressait plus …

 vieillir

Photo de François D. cliquer ici pour visiter son site photographique.

Ma mère m’ a téléphoné aujourd’hui, pour m’ apprendre que ma grand-mère est gravement malade à l’ hôpital.  Elle s’ est cassé une vertèbre en tombant.  Ma grand-mère a plus de 80 ans, elle est toute éveillée encore, mais elle a dans son être un mal sournois, bien plus que le mal d’ un os cassé, en fait, ce qu’ elle a de brisé, c’ est son âme, son âme qui n’ a plus d’ attachement pour la vie …  et ce mal est dissimulé dans sa joie de vivre, dans son regard, dans son coeur…

C’ est triste vieillir.  On se retrouve seule, un jour comme ça.  Un conjoint, puis deux nous quittent, vers la mort.  Et on se retrouve là, au beau milieu d’ une pièce, vieux, parfois malade, seul.  Si on a plus le goût de vivre, le temps devient long, interminable, le soleil laisse place à un autre soleil, la lune à une autre lune, en fait regarder dehors n’ apporte plus rien, on entend le tic tac de l’ horloge et on attend la mort…

C’ est d’ une tristesse n’ est-ce pas ?  Et on ne pense pas souvent à cela. Occupés que nous sommes tous, dans nos vies trépidantes, avec des vies de gens pressés, à courir et se dépêcher comme des malades, à gauche et à droite. 

En fait, on ne veut pas y penser.  Et ça donnerait quoi ?  Rien après tout n’ est-ce pas ?  Ce que ça fait réaliser, toutefois, c’ est qu’ il faut vivre maintenant et essayer de se préparer tout de même, mentalement, au fait qu’ un jour, il faudra s’ accrocher à des choses plus simples. 

Il faudra apprendre à savourer le livre du jour comme un compagnon de route, le petit oiseau sur la branche comme l’ animation de la journée, bref, apprendre à regarder autour de soi et à apprécier les choses simples de la vie.  Ça me semble un début de préparation, à cette étape de vie qui viendra bien assez vite soyons-en conscients.

On nous dit souvent d’ aller chercher des ressources pour nous aider à passer les épreuves.  Mais quand on a plus de 80 ans, et que l’ on connaît tout de la vie, une ressource qui nous dit de nous accrocher, ça me semble futile et inutile.  De beaux discours, à cet âge, on en a déjà entendus.  En fait, on veut partir, et la vie ne veut pas qu’ on la quitte maintenant.  Antipode de la vieillesse peut-être … De là toute la question de choisir son départ… Cette grande discussion, souvent ramener publiquement mais qui ne fait que tourner en rond… Suicide assisté définis par les uns, choix de vie par les autres…

N’ empêche qu’ il y en a plusieurs comme ma grand-mère, qu’ on a "parkés" un peu partout au Québec, dans des maisons que l’ on appellent maintenant pour semi-autonomes.  Des gens qui s’ ennuient, qui depuis qu’ ils ont quitté leur maison, n’ ont plus de joie de vivre.  Vivre en commune n’ est pas fait pour tout le monde et croyez-moi, pour ma part, je choisirai de m’ enfermer chez-moi et m’arrangerai avec mes propres moyens, du moins ose l’ espérer.  Si la santé me le permet, je compte bien mourir chez-moi, histoire de me sentir humaine jusqu’au bout.

A vos réflexions …

Ana


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Réponses

  1. bonjour ANA je suis touché par ton petit mot et ta reflextion sur la vieillesse! mais que faire de plus meme si souvent nous avons un sentiment d\’injustice et d\’impuissance??
    tu vois moi , mon dada c\’est mon assos de quartier pour annimer lavie de ce quartier que j\’aime , ou je suis né il y a 50 ans
    et puis je fais du theatre ( burlesque, plutot clown) avec des amis , et nous allons certainement faire des petits spectacles et des visites pou les enfants hospitalises ;ce sera super je pense!!!!
    je souhaite que votre grand mere se retablira vite et bien!!!!!
    votre blog est sympa bravo!!
     

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  2. Allo Ana,
    En lisant ton blog, je pensais à ma mère. Quand elle pense à son âge ça l\’effraie. Elle dit que ça n\’a aucun sens de vivre si vieux.
    Par contre, elle a encore le goût de vivre. Elle a la chance d\’avoir encore une assez bonne santé pour vivre dans sa maison.
    C\’est le rêve, je crois, de tout le monde, finir ses jours chez soi. Elle va avoir 92 ans le 16 mars.
     
    Bye   Pat.

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  3.  
    Bonjour Bébert et Patrick,
     
    Que faire de plus… rien bébert.  Tu sais, même si je voulais faire quoi que ce soit, la vie de ma grand-mère lui appartient et elle a le choix de vouloir la continuer heureuse ou pas, de la trouver longue ou pas.  Et je respecte tellement ça finalement.  Mais que dire de plus, oserais-je dire aussi … je ne l\’ai pas appelée encore car je ne sais justement pas quoi lui dire de plus.  Que je comprend… ça va pas changer grand-chose.. enfin… Elle est si loin, à des kilomètres de chez-moi.  Je pensais lui écrire une lettre, je pourrais ainsi lui dire plus de choses, et lui partager combien je l\’aime et combien je la comprends.
     
    C\’est très bien ton idée de t\’occuper collectivement.  Non seulement y trouves-tu de l\’occupatoin qui te fait du bien, mais tu partages avec d\’autres personnes de ta collectivité des sentiments et des actions humaines.  Bravo.   Reviens nous partager si tu trouves le temps tes expériences dans les hôpitaux, je trouve ça super intéressant comme expérience. 
     
    Ah Patrick, cher ami, ta mère est une championne olympique !  Elle a la chance de t\’Avoir près d\’elle aussi.  C\’est une très bonne vitamine ça pour garder en santé une maman :O) …
     
    Have a nice life les boys !
     
    Ana
     
     

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