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Ma mère m’ a téléphoné aujourd’hui, pour m’ apprendre que ma grand-mère est gravement malade à l’ hôpital. Elle s’ est cassé une vertèbre en tombant. Ma grand-mère a plus de 80 ans, elle est toute éveillée encore, mais elle a dans son être un mal sournois, bien plus que le mal d’ un os cassé, en fait, ce qu’ elle a de brisé, c’ est son âme, son âme qui n’ a plus d’ attachement pour la vie … et ce mal est dissimulé dans sa joie de vivre, dans son regard, dans son coeur…
C’ est triste vieillir. On se retrouve seule, un jour comme ça. Un conjoint, puis deux nous quittent, vers la mort. Et on se retrouve là, au beau milieu d’ une pièce, vieux, parfois malade, seul. Si on a plus le goût de vivre, le temps devient long, interminable, le soleil laisse place à un autre soleil, la lune à une autre lune, en fait regarder dehors n’ apporte plus rien, on entend le tic tac de l’ horloge et on attend la mort…
C’ est d’ une tristesse n’ est-ce pas ? Et on ne pense pas souvent à cela. Occupés que nous sommes tous, dans nos vies trépidantes, avec des vies de gens pressés, à courir et se dépêcher comme des malades, à gauche et à droite.
En fait, on ne veut pas y penser. Et ça donnerait quoi ? Rien après tout n’ est-ce pas ? Ce que ça fait réaliser, toutefois, c’ est qu’ il faut vivre maintenant et essayer de se préparer tout de même, mentalement, au fait qu’ un jour, il faudra s’ accrocher à des choses plus simples.
Il faudra apprendre à savourer le livre du jour comme un compagnon de route, le petit oiseau sur la branche comme l’ animation de la journée, bref, apprendre à regarder autour de soi et à apprécier les choses simples de la vie. Ça me semble un début de préparation, à cette étape de vie qui viendra bien assez vite soyons-en conscients.
On nous dit souvent d’ aller chercher des ressources pour nous aider à passer les épreuves. Mais quand on a plus de 80 ans, et que l’ on connaît tout de la vie, une ressource qui nous dit de nous accrocher, ça me semble futile et inutile. De beaux discours, à cet âge, on en a déjà entendus. En fait, on veut partir, et la vie ne veut pas qu’ on la quitte maintenant. Antipode de la vieillesse peut-être … De là toute la question de choisir son départ… Cette grande discussion, souvent ramener publiquement mais qui ne fait que tourner en rond… Suicide assisté définis par les uns, choix de vie par les autres…
N’ empêche qu’ il y en a plusieurs comme ma grand-mère, qu’ on a "parkés" un peu partout au Québec, dans des maisons que l’ on appellent maintenant pour semi-autonomes. Des gens qui s’ ennuient, qui depuis qu’ ils ont quitté leur maison, n’ ont plus de joie de vivre. Vivre en commune n’ est pas fait pour tout le monde et croyez-moi, pour ma part, je choisirai de m’ enfermer chez-moi et m’arrangerai avec mes propres moyens, du moins ose l’ espérer. Si la santé me le permet, je compte bien mourir chez-moi, histoire de me sentir humaine jusqu’au bout.
A vos réflexions …
Ana
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