Ce matin, jai comme on dit ici au Québec "le moton"… amis européens, pardonnez-moi ici mon langage très québécois … Je viens d’apprendre par les actualités du matin que dans une petite localité, tout près de chez-moi, à quelques kilomètres seulement, deux enfants sont morts parce que leur père les a assassinés… il n’y a que très peu de détail. Leur mère était absente, le père était dans la maison des grand-parents… il a été retrouvé intoxiqué aux médicaments mais toujours en vie … … un autre drame familial qui vient de se produire … je dis un autre, car depuis des mois, il y a en a tant qui se projette dans les news qu’on peut se demander, à une certaine limite, ce qui se passe dans notre société pour qu’autant de familles veulent se décimer littéralement… Pour que des parents, sûrement affligés par la vie, en arrivent là ….
Une petite fille de trois ans et un petit garçon de cinq ans viennent de s’envoler dans ce que l’on espère un monde meilleur… Pourquoi devoir mourir de la sorte et surtout, pourquoi, dans leur cas, le destin les a amenés là, à vivre que quelques années pour ensuite mourir bêtement et ce par les mains de celui qui le avait mis au monde… Quel destin tragique et quel non sens de la vie !
C’est toujours la même question qui revient comme pour composer une mélodie dramatique … Pourquoi ne pas se suicider en laissant les enfants dans ce monde qu’ils ne commencent qu’à peine à découvrir… Pour moi, spectatrice impuissante, c’est un geste d’égoisme pur… une haine immense envers ce que l’on a créé… de la gratuité criminelle…. oui, je sais bien que c’est la détresse, la panique et aussi le désespoir qui animent ces parents sûrement enlisés dans une folie meurtrière qu’ils ne soupçonnent même pas au moment de passer à l’acte … Ici, s’arrête ma compréhension.
Et que dire de ces parents meurtriers qui n’arrivent pas à mourir le jour du crime, qui en réchappent vivants et qui doivent par la suite vivre une longue vie remplie de culpabilité ? Peut-on oublier vraiment que l’on a tué ses propres enfants ? Peut-on réapprendre à se regarder dans le miroir et se dire "toi je t’admire et je t’aime" … oufff… Peut-on vraiment retrouver complèmtent la raison après un geste pareil… Y-a-t-on droit … sûrement, notre société est ainsi faite… mais qu’en est-il du pardon véritable… quand il ne reste que soi-même et que les autres ont été décimés… Il ne reste plus personne pour répondre à cet appel du pardon… Quand la conscience reprend sa place, arrive-t-on à se pardonner vraiment…
Il y a tellement de gens qui désirent adopter des enfants… qui auraient pu leur donner de l’amour, une vie remplie de joies et d’espoir, alors pourquoi ne pas laisser une note accrochée à leur cou du genre "pardon" et ne pas les quitter tout simplement en leur laissant ce qu’ils ont de plus précieux reçu de leurs parents, la vie bordel ! … Qui sommes-nous pour présumer que nous pouvons, gratuitement, sans obligation de protection, enlever la vie à un autre être humain et surtout à un petit-être encore sans défense… je trouve ce geste tellement gratuit et je ne crois pas être en mesure de pardonner au nom du désespoir… Ainsi va mon principe personnel… Ne nous a-t-on pas appris dans la religion de notre enfance "aime ton prochain comme toi-même" …. je ne me souviens pas d’avoir étudié "hais ton prochain autant que toi-même" … car dans mon livre à moi, il faut beaucoup de haine envers soi-même pour en arriver à vouloir effacer toute descendance de soi … Enfin, il y a tellement à réfléchir sur ce comportement … Est-ce que ces gens, aveugles dans le moment présent, veulent décimer tout ce qui a existé d’eux-mêmes, vouloir disparaître à ce point qu’aucune trace ne doit demeurer…
Ce qui me chamboule dans ces drames ce sont la mort des enfants. Des parents bouleversés, paniqués par la vie, qui s’enlèvent soi-même la vie. … A chacun son choix de poursuivre ou non sa route… Mais de là à faire le choix pour les autres… Quelle inconscience, quel manque de respect envers chaque être humain qui nous entoure… Quel geste gratuit et vide de sens… Je sais je me fais bien critique… je ne suis pas dans la peau de ces gens… Il m’est arrivé dans ma vie de me dire que la mort pouvait être un choix facile … mais jamais je n’ai pensé entraîné dans celle-ci mon fils … Et au contraire, sa pensée, son image dans ma tête avait bientôt fait en sorte de ramener u sens que peut avoir la vie dans les moments difficiles à passer… Il devenait ma lumière et non une mire, une cible dans mon désespoir…
La vie est compliquée à comprendre quand elle nous confronte à ce genre de drame…
Ana
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