Ce matin, j’avais besoin de bouger, de faire le vide en même temps. Il y a une pièce dans la maison qui nous sert de débarras où s’entassent depuis déjà un moment, des boites dans lesquelles j’ai inséré, ça et là, toutes sortes de papiers, de livres, de documents.
Ce matin, j’ai donc fait du ménage dans tous ce fouillis, en partie du moins, et j’ai retrouvé à travers cette mer de papiers, un calepin qui contenait la plupart des adresses de mes correspondants à qui j’écrivais à travers le monde, il y a 30 ans ! Pourtant, c’est comme si c’était hier … la mémoire est un merveilleux engin de recherche nous permettant de revisiter des lieux, des gens, des émotions.
Feuilletant ce calepin de mes mains d’adulte maintenant, je parcourais les noms, les adresses, de ces 60 quelques personnes qui ont échangé avec moi sur leur culture, leur vie quotidienne. Nous étions tous dans la jeune adolescence à ce moment-là et c’était bien amusant de pouvoir écrire à quelqu’un qui habitait loin de chez soi. Aujourd’hui, avec l’Internet comme moyen de communication, tout cela paraît bien facile, mais à cette époque de ma vie, il fallait encore acheter des timbres et se munir d’enveloppes et de beaux papiers fins.
De ma petite machine à écrire électrique et plus tard via mon micro-ordinateur, j’écrivais 4 ou 5 lettres par mois à mes amis étrangers. J’habitais alors la campagne lointaine et la postière qui me remettait mon courrier était toujours surprise et un peu en admiration devant cette adolescente un peu insouciante (en l’occurrence moi) qui venait toutes les semaines cueillir de belles lettres, parfois parfumées, aux timbres faisant l’envie des collectionneurs de mon entourage.
J’ai écrit à tous ces gens pendant une dizaine d’années et un jour, débutant plus intensément ma vie d’adulte, j’ai tout abandonné, par manque de temps, de choses à dire, d’intérêts… J’ai plus tard regretté d’avoir coupé le lien avec toutes ces personnes que j’apprenais à connaître et à apprécier. Et la vie a continué… Les moyens de communication ont changé, j’ai dialogué alors avec plein de gens, cette fois via la Toile géante que me procurait l’Internet.
Aujourd’hui, jour de retrouvailles de mon calepin, je me suis dit que je pourrais peut-être tenté d’écrire à nouveau à quelques personnes histoire de retrouver ce plaisir d’échanger avec des gens de l’international avec qui j’ai partagé un jour mon quotidien. J’ai alors mis le calepin de côté pour y revenir plus tard, un de ces quatre. Me disant peut-être …
A ma grande surprise, en allant visiter mon Facebook aujourd’hui, la première de mes correspondantes, la toute première à qui j’ai écrit il y a maintenant 30 ans, me cherchait et se demandait si j’étais bien celle à qui elle avait écrit au Québec il y a trois décennies !
Je n’en reviens tout simplement pas. Ce pourquoi j’en fais l’objet de mon billet de ce jour.
On dit souvent que la vie est faite de coïncidences qu’il faut apprendre à décoder …
Dans mon cas, aujourd’hui, la vie m’a surprise …. Serait-ce un signe qu’il me fallait reprendre contact avec cette personne du moins ? Vous vous doutez bien qu’après cette évidence, je me suis mise au clavier pour lui répondre…
Ana la conquise… XX

Vos idées m’intéressent ! Laissez-moi un message :o)