Que de temps, loin de toi,
loin de moi aussi bien sûr.
Comme l’enfant quitte le nid,
Comme l’avion qui s’envole,
les mots m’ont abandonnée,
je me suis déconnectée.
Endormir mon esprit,
vagabonder dans un monde
où la parure, le faste et le
faux,endorment l’âme,
la camouflent, et tuent
le réel pour ne laisser place
qu’au rêve de bien matériel.
Déconnectée, me laissant emportée
à travers une vague qui me fit
glisser dans un grand entonnoir,
j’allais étouffée là, sans que personne
ne sache trop comment puisqu’il
n’y a que mon être profond qui
puisse atteindre cet univers
sans nom.
Dans ce monde irréel,
je ne ressens rien, absolument rien.
C’est pour cela que je le choisis,
sachant qu’il me permettra d’oublier,
d’éviter devrais-je dire aussi,
responsabilités, désirs, peines
et autres sentiments et contraintes
qu’apporte la vie.
Mais je sais bien, car je connais
ce monde-ci encore mieux que
ma fainéante de vie,
que je ne peux t’éviter, tu me
rattrapes, me tiraille,
me brasse la cage,
et puis me voilà qui revient,
comme le survenant,
le mendiant.
Je crois donc que tu es mon phare,
le centre de mon équilibre,
et je sais,oui, je sais,
qu’en revenant ici, avec toi,
je saurai aussi aider cette ou cet autre
qui attend mon retour.
Ainsi vont les énergies terrestres,
ainsi se connectent-elles
et se reconnaissent-elles …
Cher plume, me revoici,
meurtrie, fatiguée, mais toujours
aussi vivante, car ce monde
d’où j’arrive n’a pas réussi
à me tétaniser, à m’engourdir
assez pour que j’oublie qui je suis
pourquoi je suis là et à qui
je dois offrir ma flamme…
Amen
Ana de retour XX
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