Il est difficile de trouver le bonheur en nous et impossible de le trouver ailleurs… __ Chamfort
Qu’il est à la mode ce moment présent… tellement d’écrits lui ont été consacrés, de discussions, de réflexions… qui n’essaie pas chaque jour de se l’approprier mais parfois en vain…
Facile lorsque l’on est en vacances de profiter du moment actuel, pas mal plus difficile en pleine période de pointe quand la course folle de la vie professionnelle, la famille, les courses, les obligations nous font courir dans tous les sens. J’ai deux emplois, une vie de famille à vivre, des amis à voir, un blogue à alimenter, mille lectures devant moi, ouf ! Je n’aime pas dormir, je commence à comprendre pourquoi j’accumule parfois les dettes de sommeil…
Pour vous je ne puis répondre, mais pour moi, je sais que c’est un défi quotidien que d’arrêter le temps et de respirer calmement… Je suis une sprinter de nature. J’aime la vie quand c’est animé et qu’il y a plein de trucs à faire .. mais … il me faut bien de temps à autre mettre le frein et laisser la vie reprendre sa place et les rennes.
Il y a selon moi deux types de courses dans la vie. Celle qu’on ne choisit pas – du type je perds mon emploi et je dois rapidement travailler – ou celle qui nous donne la sensation de bouger, de faire des choses et d’avancer, bref la course stimulante. Courir peut être très énergisant, mais également apaisant, si on est conscient du genre de course dans laquelle on est à participer et des résultats qui viennent avec. Mais attention de vouloir faire les olympiques. A trop courir, on s’essoufle.
Nous vivons dans une société ultra-rapide, tout le monde fend l’air autour de nous. Tu jases avec quelqu’un qui te te présente son téléphone intelligent et te dit « Attends deux minutes que je réponde à ma blonde » ou bien « As-tu vu ça sur Facebook » ? Les gens ne sont plus vraiment présents, branchés à la fois sur la conversation avec vous et tout à la fois avec le groupe d’amis sur le Net. Alors le moment présent n’a qu’à bien se tenir pour prendre sa place… C’est stimulant cette vie virtuelle en parallèle tout de même, je suis assez techno moi-même, mais il faut parfois avouer que nos vies en mégabits sont parfois harassantes et que tout ça bien ça peut même devenir épuisant.
Le zen genre la méditation, le bouddhisme me semblent parfois des traditions révolues. La société change me direz-vous… vous avez totalement raison et c’est tant mieux. Toutefois, l’être humain demeure au centre de cette société et aura toujours besoin de se ressourcer pour mieux évoluer… et ça commence par un retour à soi surtout dans les périodes d’étourdissements qui entrent parfois dans nos vies. Un arrêt pour recharger les batteries et pas seulement celles du cellulaire…
Si l’on avait l’éternité devant nous chaque jour possiblement que nous verrions les choses bien différemment. On prendrait davantage le temps de vivre le moment présent. Le problème ce sont les cycles de 24 heures au fond… naaa trop facile de se rabattre sur la vie et ses misères. C’est à nous qu’appartient la gestion de notre temps et de décider de prendre quelques minutes pour arrêter le chrono du quotidien. Je ne connais pas grand monde qui prennent deux minutes dans leur bureau pour respirer en fermant les yeux. Et pourtant, un petit geste qui peut vous redonner une heure de recharge …
Je connais aussi des gens qui ne vivent que dans l’avenir. Aujourd’hui, bien voyons donc toi !, trop tard pour y penser, ils l’ont réfléchi hier ! À l’heure qu’il est ils se concentrent plutôt sur demain. Ils vont faire tel ou tel voyage au printemps, pensent à leurs rénos du mois prochain et ne se rendent pas compte qu’ils sont en ce moment-même les pieds dans le sable sur une plage du Mexique trop absorbés par la réflexion de leur prochaine destination ou projet. Ces gens m’étourdissent et m’ennuient alors qu’ils devraient être hyper intéressants puisqu’ils vivent de belles histoires de vie et sont stimulés. Ils ne peuvent malheureusement pas rendre hommage aux moments vécus, ils n’y étaient pas présents…
Moi, mon moment présent je le vis quand je prends le temps de m’écouter et de me demander comment je vais, ce que j’ai envie maintenant, avec qui j’aimerais être en ce moment … De plus en plus je cherche à vivre de l’émotion et du ressenti et de moins en moins de l’accumulation d’histoires à raconter. Ce qui me rend heureuse est assez simple et de moins en moins compliqué. Je n’ai plus besoin de m’étourdir dans toutes sortes de destinations ou de rencontres. Je tente d’être bien là où je me trouve en ce moment et d’améliorer cet instant de ma présence ou de celle des autres.
J’aime les choses douces et simples. Ce sont celles qui me rendent le plus heureuse au fond. Alors ne me cherchez pas en janvier pour vous raconter mes super vacances car pour vous, elles seront sûrement d’un ennui alors que pour moi, elles auront été regénératrices et paisibles. J’aime bien voyager, qui n’aime pas, mais j’apprécie aussi de faire une pause tranquille dans mes petites affaires une fois par année.
Et vous, comment profitez-vous du moment présent en ce 26 décembre ? Moi, j’ai cuisiné des petits pains au parmesan et j’y ai trouvé du plaisir … Amen.
Nathalie

Vos idées m’intéressent ! Laissez-moi un message :o)