Aujourd’hui, premier jour de retour au boulot après deux semaines de vacances où le chill fût roi ! Comme une petite fille de retour à sa garderie, j’étais toute fébrile de retourner travailler. Quelle surprise lorsque j’ai pointé mon nez dehors moi qui n’étais pas sorti depuis quelques jours m’étant transformée en femme des cavernes.
J’habite dans une petite ville d’à peine 12 000 habitants. Je suis venu vivre dans cette belle petite campagne à proximité d’un grand centre parce que j’avais le goût de la tranquilité quand je m’installe dehors l’été. Et sincèrement, c’est fort agréable de vivre dans ce petit patelin borné de sapins et de pins gigantesques excepté quand le verglas, la pluie, la neige et le vent décident tous qu’ils nous visitent dans la même journée. Ça, c’était hier et depuis, mon quartier est dans un état qui ressemble à l’Ère de glace !
Ce matin, en quittant pour aller au travail, c’était le genre de journée où tu dois réapprendre à conduire parce que ça fait des mois que tu as pas fait du patin de vitesse sur quatre roues et que tu dois foncer vers 50 minutes de conduite digne d’un pilote automobile. Vroum ! Après avoir démarré la voiture qui a passé la nuit sous la barre des -20°C et qui a fait ça comme une grande, « bienvenue au Québec » lui ais-je dit histoire de l’encourager un brin, « ici ma grande on a de vrais hivers » et me voilà lancée dans la circulation pour rejoindre les travailleurs qui tout comme moi rentraient au boulot en ce 5 janvier glacial.
C’est le genre de température où l’on réalise que les mois d’hiver québécois nous obligent à vivre dangereusement et ce à tous les niveaux car croyez-moi il faut un corps ultra résistant pour vivre ici pas juste une voiture ! Avec bien souvent des surfaces glacées, des intempéries, et une visibilité réduite, surtout le soir au retour à la maison, j’adore conduire au Québec. Quel endroit merveilleux … quand on aime l’hiver.
Ce qui me fait le plus vivre de la tension sur la route, c’est le conducteur (je me retiens ici là) qui te colle dans le derrière de la voiture mais qui n’est pas assez courageux finalement pour te dépasser… vous savez celui qui veut juste vous faire remarquer que tu vous êtes plus chicken que lui et qu’il en a marre de rouler 10 kilomètres de moins que la vitesse permise parce que vous avez décidé que vous étiez prudent vous ce matin-là. Vous allez me trouver un peu machiavélique, mais moi ce genre de mec (désolé messieurs mais c’est une réalité, les femmes ne font pas ça!) me donne le goût de mettre les freins, histoire de voir mon assaillant partir valser dans le terre-plein en lui disant « dansez maintenant »… on a tous droit à sa seconde de frustration quand même … en imagerie mentale bien sûr…
Le problème de ces conducteurs c’est qu’ils sont des pressés qui ne se préoccupent pas d’ajuster leur conduite en hiver. Résultat, à chaque tempête on retrouve de ces stressed drivers au milieu de nulle part sur l’autoroute les quatre roues en l’air. Mais le pire, c’est que ce n’est souvent pas eux qui ont un accident mais celui ou celle qui a eu le malheur de les rencontrer sur la route.
J’ai lu un article de presse dans un journal américain hier dans lequel on donnait un conseil sur la conduite hivernale qu’il m’a fallu relire tout de même une deuxième fois pour être certaine que j’avais bien compris :
- If your car begins to skid wildly toward a group of five pedestrians on the side of the road, but you have the option to steer it toward a single bystander nearby, utilitarian moral theorist John Stuart Mill says you have an obligation to steer toward the lone pedestrian in order to do the least harm to the least number of people.
Ça fait un peu drôle… On nous dit, en bref, que si on commence à déraper un peu trop fort avec la voiture et qu’il y a des personnes sur le côté de la route, on doit choisir de foncer dans la personne seule plutôt que sur un groupe de personnes… bon, c’est tout de même logique de blesser le moins de monde possible. C’est juste comme un peu weird à lire. On dit souvent que toute bonne chose n’est pas bonne à dire… en voilà un exemple il me semble.
Moi l’hiver, en général je ne suis pas peureuse. Le vent, la neige, la poudrerie, ça ne m’énerve pas trop, j’ai conduit sur de longues distances pendant de grosses tempêtes et ça ne m’intimide vraiment pas. Mais la glace et le verglas, j’ai comme un freak time quand je dois m’y aventurer. J’essaie de sortir que pour l’obligé et laisser faire le superflu. En fait, j’ai sincèrement peur plus des autres que de moi-même. Mais aussi que ma voiture fasse la toupie ce qui m’est déjà arrivé alors que je me suis retrouvé de l’autre côté de la route et à l’enver du trafic avec un léger tournis ! Les souvenirs c’est un peu long à s’évaporer…ça laisse des traces.
Et de grâce, enlevez votre neige de deux pieds sur la toiture, c’est vraiment énervant de la recevoir en pleine face dans son pare-brise parce qu’on a le malheur de vous suivre. Les igloos ne sont pas supposés se retrouver sur l’autoroute. Et sincèrement recevoir un bloc de neige en pleine face à part que lorsque l’on se fait une bataille de boules de neige, c’est pas bien agréable.
On devra s’accomoder Québécois, nous en avons pour une semaine de cette magnifique glace. A vos mitaines et foulards readers !
Souvenir de la crise du verglas de 1998 :
http://www.meteomedia.com/nouvelles/articles/la-crise-du-verglas/18089/

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