PLEINEMENT MOI

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Dépassé 50 ans, l’équilibre n’est pas un frein. C’est une stratégie de vie.

Journal de bord d’une terrienne

Des notes d’Ariane Moffat jouent à la radio pendant que je rêvasse sans rien vouloir comprendre de ce qui trotte dans ma tête.  J’adore cette voix sensible.  Ces mots si doux remplis de vérité.

Je me détends après une semaine passée dans mon sous-sol à regarder un écran huit heures par jour.  Nous en sommes à quatre semaines depuis cette annonce du premier ministre expliquant qu’il faudrait un confinement.

Un mois, un tout petit mois, mais si long en même temps. On dirait que l’espace temps s’est arrêté.  Une drôle de sensation.  Comme si le matin, je ne savais plus quel jour on est ou quelle date du calendrier on vivra pour les 24 prochaines heures.

J’ai la chance de travailler.  J’ai à peine le temps de voir défiler les jours.  Il y a tant à faire pour répondre au besoin d’information de tous ces entrepreneurs qui perdent leur gagne-pain ou qui ont peine à croire au futur. Ils ont besoin de nous, ils sont ceux sur lesquels nous devrons nous appuyer pour rebâtir notre économie. Ayez une pensée pour eux dans vos prières, ils ont besoin d’encouragements.

Qui suis-je pour me plaindre ?  Il y a des gens au-dehors qui ont perdu leur emploi et ne pourront peut-être pas le retrouver.  D’autres qui vivent des drames derrière leur porte close parce que trop de temps passé ensemble les use. Moi, je vis dans une coquette petite maison, au calme, j’ai un bureau confortable pour travailler, un employeur très sensible à ses employés, accès à l’épicerie une fois semaine, pourquoi je me plaindrais, je suis choyée par la vie et consciente de l’être.

Je m’inquiète davantage pour nos enfants qui vont troquer l’anxiété de performance pour celle de la peur, de l’inquiétude, à ne pas savoir ce qui se passe, par manque de compréhension du monde dans lequel nous vivons. Prenez soin d’eux, SVP, car ils sont les bâtisseurs de demain. Ils ne doivent pas perdre confiance en notre société, en notre planète.

Aujourd’hui je suis allée faire le marché. Avant de partir, j’ai entendu une femme qui a perdu ses parents âgés à quelques jours d’intervalle.  Elle disait que ce qui lui a fait le plus vivre des émotions fortes, c’est quand elle voyait le visage de sa mère craintive devant la mort et qu’elle ne pouvait même pas lui toucher pour amoindrir sa peur et son besoin d’amour.  Ça m’a ébranlée.  Et c’est comme si à ce moment, j’ai eu mon réel déclic.  J’ai senti que je pouvais jouer avec ma santé en allant faire le marché… soyons prudent. Port de masque, de gants, lavage fréquent de mains, ce n’est pas que pour les autres, mais aussi pour nous. Pour se protéger les uns des autres.

Pendant que je faisais la file au-dehors, je tentais de me souvenir de comment c’était avant… parce que maintenant, il y a un avant et un après.  On avait peine à trouver un panier, les gens étaient pressés… cela a bien changé. Maintenant, on regarde les autres en silence, on attend patiemment d’entrer, oui, c’est bizarre. Je tente d’apprivoiser. Se révolter ne sert à rien.

Bonne journée.

D’une terrienne à un autre,

Anathyna

COPYRIGHT – DROIT D’AUTEUR 2020 – Nathalie Arseneault – tous droits réservés, pour tous pays.


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Réponse

  1. Avatar de Francine Fitzback
    Francine Fitzback

    Complètement d’accord avec ce texte, très beau d’ailleurs et qui porte à réfléchir. Oui prenons soin des autres en respectant le confinement exigé, il en va de leur santé comme de la nôtre. Merci de nous avoir fait part de ta réflexion.

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