PLEINEMENT MOI

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Dépassé 50 ans, l’équilibre n’est pas un frein. C’est une stratégie de vie.

Les lunettes roses

Tel un halo tu viens illuminer certaines de nos journées, une couronne lumineuse qui peut amener notre esprit dans un état de flottement, de bien-être temporel.

Tu absorbes nos pensées, nous voulons croire en toi, en ce que tu déposes dans notre tête et même si admettons-le tu peux prendre la forme d’une erreur de perception ou modifier notre vision de la réalité, nous endossons sans problème ta présence selon les aléas de notre existence.

Nous pouvons faire ta rencontre à différents moments selon ce qui se passe dans notre vie. C’est très souvent dans l’amour que l’humain est déjoué par toi. Tu sais si bien lui ancrer des images qui le font rêver qu’il endosserait tes lunettes roses sans même se rendre compte que tu les insères sur le bout de son nez. L’homme terrestre aime se sentir comme un enfant qui ne vieillit pas.

Tu peux jouer avec nos sens tellement que notre corps ressens jusque dans ses profondes entrailles ce que tu tentes de lui inculquer. Tu es sournoise et rarement positive au bout du compte. Mais on en redemande encore telle une drogue qui entre dans les cellules humaines. C’est grisant de se laisser aller en ta compagnie, tu es si charmante et même sensuelle selon la forme que tu prends.

Je t’ai vue au cours de ma vie te métamorphoser en humain à quelques reprises. Heureusement, je suis armée pour te faire face quand tu oses entré dans mon univers en chair et en os. Dans tes moments de présence terrestre, tu es sans pitié. Le plus terrifiant avec toi c’est quand tu t’approches de ceux qui sont faibles et démunis. Tu peux les écraser encore davantage en insérant tes tentacules dans leur esprit fragilisé.

En amour, tu peux tellement nous leurrer. Nous pouvons nous projeter avec toi dans une relation que l’on croit bien ancrée et tout à coup se réveiller quelques jours, mois ou années plus tard et se rendre compte que tu n’étais qu’un putain de rêve, que l’on vivait sur une énergie solitaire. C’est alors qu’on réalise le plus ta présence en nous, l’habitat dans lequel tu te complais le plus. Dans ces moments de réalité, on peut se maudire de t’avoir laissé entrer par la porte de notre cœur. Toute petite brèche est bonne pour que tu t’infiltres, je me rappellerai d’être vigilante.

Mais oui, on te le donne, quand tu es en nous, on vit des envolées où le cœur et la tête sont dans un état irréel et se baignent dans de l’énergie qui sur le coup semble positive. Mais damné est celui qui veut rester dans ce paradis de confusion mentale. La descente sera plus douloureuse. Vaut mieux apprendre à te déceler rapidement et retomber sur ses deux pieds, moins épuisant, moins décevant.

Nous pouvons aussi te créer, te façonner en nous-même pour oublier la souffrance, pour rêver un peu, pour passer au travers de moments qui peuvent être difficiles. En fait, là n’est pas un crime en autant que nous soyons conscients que l’on se berce de toi pour traverser un pont. Le jour où tu deviens de la permanence, c’est qu’on a perdu le contrôle sur sa vie et pire sur soi.

Chère illusion, bien que je te sache prête à bondir sur moi à tous moments, je tente de plus en plus de m’éloigner de toi. Bien des erreurs peuvent être évitées à te tenir éloignées de mon mental. Tu as bercé quelques faux pas de ma jeunesse et je dois encore te filtrer au travers des rencontres et événements dans ma vie mais tu as un halo moins brillant, un prix à payer trop important pour que je me laisse entraîner dans tes filets.

Amen.

©2021 Nathalie Arseneault – Droits réservés pour tous les pays


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