Tu fais parfois partie de ma vie, l’humaine que je suis aime ça te côtoyer, c’est vrai. Tu me permets de ressentir, de jouer dans les sphères de ma vie. J’aime ta caresse mais avec réserve, je ne veux pas que tu t’insurges en moi, tu es trop pervers et le narcissisme est un élément auquel je n’accorde plus d’attention.
Comme une illusion, tu berces le cerveau de l’homme, tu lui donnes envie de toi, lui fait ressentir le besoin. Quand tu t’installes notre environnement devient tout autre et pendant un moment le ciel et la terre se côtoient de très près.
Tu prends toutes sortes de dimensions passant avec les uns par les addictions qui te permettent de demeurer en eux bien plus longtemps que lorsque tu provoques une visite passagère. Certains abusent de toi et se croient braves de te défier. Ceux qui profitent de toi vont dire que ce n’est pas de leur faute, c’est ainsi que tu les rends faibles et les autres, à l’autre extrémité de ton spectre, te fuient car tu leur as déjà coûté un prix qu’ils n’ont plus envie de payer.
On a souvent la sensation de dépasser la mesure de la normalité avec toi, d’abuser de certaines choses plus que les autres, de se perdre aussi à certains moments. Tu peux être très convaincant pour nous endormir de belles paroles que le cerveau absorbe comme la vérité. On a l’impression de prendre un médicament quand ta présence nous est rendu familière.
A cause de toi quand on a bien atteint la limite qui nous est permise, on va vouloir se dépasser car tu auras réussi, ennemi que tu es, à nous faire voir une version de nous-même qui ne nous plaît pas. On peut avoir honte de t’avoir ouvert la porte mais tout aussi heureux de l’avoir fait car après tout, la vie n’est pas que longueur de temps, elle doit se vivre avec le sourire étiré jusqu’aux oreilles. Et nous aimons en abuser de cette énergie vitale, la dépenser en se faisant du bien.
En fait la pire émotion quand tu passes est une certaine honte quand on est pas fier de nous, quand on sent que le jugement viendra, pas autant de notre part que de celui des autres, de ceux qui nous entourent. Quand tu tombes dans l’abus, l’être humain peut se débattre sans arriver à sortir de ta toile, rien n’y fait, tu joues ton grand rôle. Tu peux nous transformer en un acteur de talent.
Je pense toutefois que tu as une grande importance dans une vie. Moi, tu me sers de baromètre, je sais quand je te ressens car après être monté dans ton ciel je peux voir se poindre un red flag qui m’annonce que je suis allez trop loin, au bout de mes limites, que je me fais du mal parce que tu n’es pas sain pour moi. A ce moment-là, je débute une marche par en arrière, je te fuis car tomber dans ton filet ne m’intéresse pas. La remontée du Kilimandjaro quand nous y sommes allés une première fois est plus difficile, on connaît la route et les embûches.
J’ai tellement vu de gens s’écrouler dans des abîmes de toutes sortes à cause de toi. Sexe, séduction, alcool, sport, nourriture, toutes ces choses si bonnes pour l’âme pouvant te servir à toi d’appâts pour attirer celui qui a soif d’évasion. Tu fais du bien soit mais tu es éphémère et assez rapidement on ressent l’effet pervers car tu le sais, tu peux t’installer pour longtemps dans notre tête de noix quand nous sommes fragiles et ne voulons pas accepter notre réalité.
Excès, quel mot tu es. Tu ramènes à mon esprit des souvenirs de délassement, de détente, de rêve même, profiter de toi quand on sait qu’on peut faire le chemin du retour est bon pour le cœur, on se sent bien, jeune, alerte, rempli de dynamisme en ta présence. Le problème survient quand quelqu’un ne peut plus se passer de toi parce que tu es séduisant avouons-le. A ce moment-là, l’extase ressentie peut se transformer en enfer.
Je te souhaite que le meilleur, de la grande évasion charnelle au bonbon qui fond dans la bouche et très peu de profonde noirceur. Longue vie à toi…
Anathyna
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