Tel un chakra, nous avons connecté par un point de jonction qui nous fait vibrer d’énergies parfois refoulées tantôt mal exprimées mais dans des polarités qui nous font désirer rester en contact. Et tous ces petits tourbillons d’énergies volent autour de nous quand au hasard des disponibilités nous créons le moment d’une rencontre.
Tel le Muladhara, je reste connecté à la terre ayant déjà rencontré dans ma vie des sensations d’envol qui n’ont été que pures aventures éphémères. Je suis méfiante maintenant de ces envolées. Je les laisse dans le tiroir parce que je suis loin d’être certaine que j’ai en moi ce besoin de ces émotions passagères qui souvent perturbent mon équilibre.
Dans cette dernière rencontre, il y avait tant de questionnements qui l’habitaient que je me demande comment il pourrait y avoir de la place pour le bonheur dans cette tête qui semble constamment remplie de difficultés et de fatigue. Je me sentais comme la fleur qui tente de pousser dans une terre aride. Sauras-tu me fournir l’eau dont j’ai besoin pour vouloir devenir ta rose ? J’ai finalement pris la décision de continuer de m’abreuver moi-même.
Les sens nous jouent souvent des tours. Il font partie de ces choses invisibles que nous n’expliquons pas toujours. Il faut apprendre à les ressentir dans un flux qui ne nous déconnecte pas de la réalité. Le danger avec le pur désir est qu’il peut camoufler une bonne partie de l’essentiel. Il se cache derrière des phéromones excités la capacité d’oublier valeurs et besoins fondamentaux les plus profonds. C’est un point de bascule pouvant être très sournois même si sur le coup on ne respire que pour n’écouter que son corps. Qui n’échangerait pas certains soirs quelques secondes d’extase pour une ou deux valeurs de fond de tiroir bien camouflées ?
Je me lasse rapidement des conversation vides des réseaux sociaux et ils en sont remplis. Ainsi suis-je faite. La vie est courte et le temps précieux, il ne faut pas le perdre continuellement en balivernes. Les rencontres éphémères m’ennuient pour ce qu’elles ont de répétitifs et sans issue. Je me sens comme une robe dans une vitrine, exposée au regard de celui qui voudra bien en faire l’essai. Parfois pas de la bonne couleur, parfois trop grande, trop brillante ou trop sobre, trop ceci, pas assez cela… Drôle d’analogie mais sur les réseaux de rencontre c’est souvent comme cela qu’on se sent telle une marchandise dans un magasin de jouets.
Ai-je tout vu ce qu’il y avait à voir dans ce monde de dating virtuel ? Comme le dit si bien Alfa Rococo dans « Les choses invisibles » est-ce que je n’arrive plus à m’émouvoir de la beauté des histoires ? Possible. Si elles sont trop de surface, pas assez profondes, elles peuvent me faire déguerpir rapidement. Je ne cherche pas un habit mais bel et bien l’être qui vit dedans. On devient un pro avec le temps pour détecter le vrai du faux et selon mon expérience, il y a plus de faussetés dans l’univers du dating version 2024.
Plein de gens autour de moi ont perdu espoir, ont lancé la serviette, se disent déconnectés du réel engagement amoureux qui est devenu une denrée rare. Ils n’y croient plus car ils en ont assez des sites qui leur font croire qu’ils pourraient trouver la perle rare grâce à leur engin IA dernière génération… Ca ne tient souvent qu’à un fil aussi léger soit-il. Vous n’êtes qu’une data étudiée par un robot qui vous présente les profils qui selon lui correspondent à votre bonheur… J’ose croire qu’il ne faut pas perdre espoir. Mais j’avoue que certains soirs je suis dans la défaillance. Il me faudrait peut-être apprendre à déjouer les algorithmes …
Je me souhaite de rencontrer ces belles choses invisibles car comme le dit la chanson des Alfa Rococo, « l’essentiel est invisible »…il faut donc ouvrir l’oeil bien grand.
Amen
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