Elle était comme un bouton de fleur, pensions-nous. Elle avait la joie de vivre qui éclairait son visage, pensions-nous. Elle égayait et il émanait d’elle une belle lumière … alors qu’au fond d’elle-même elle vivait la honte, la peur, le désespoir … La vie est parfois d’une impudeur, et l’annonce de cette blessure qu’elle entretenait depuis des années, nous a tous plongés dans une indiscrétion à laquelle peut d’êtres humains ne peuvent demeurer indifférents …
Je parle ici de Nathalie Simard, de son histoire, du scandale qui en a suivi et des réactions vives qui y sont rattachées. J’apprenais cette semaine que la jeune femme quittait définitivement la scène artistique après avoir tenté un retour au cours des derniers mois avec un nouvel album et une tournée de spectacles qui devait la transporter à nouveau dans ce merveilleux monde du show-business… Sur le coup, je me suis dis « bon, ce sont des choses qui arrivent. On croit avoir fait le bon choix et puis non, ce n’était pas cela »… Mais ceci s’est confirmé, lorsque lors du passage de quelques images de son dernier spectacle passées par une chaîne à la télé il y a quelques jours, je l’ai vu chanter La danse des canards et Chibouki. Un retour oui, mais dans le passé, non… je ne crois pas que c’était la bonne façon. En tout cas, moi, j’en ai été quelque peu surprise et j’ai compris plus que jamais, comme un éclair de lumière, toute la douleur qui emprisonne peut-être encore cette jeune femme, forte, soit, mais tout de même horriblement blessée d’un passé qui de surcroît est maintenant tout étalé sur la place publique. Ici, plus de place pour l’oubli …
C’est fou ce que ce genre d’histoire laisse impuissant les gens autour… On ne comprend pas. Moi, ça m’a toujours intriguée, ce besoin de déclarer publiquement. De vouloir que tout le monde sache. Il me semble qu’après, dans mon cas, si ça m’arrivait, je ne me sentirais pas libérée nécessairement que tout le monde sache. Y a des choses qui demandent à demeurer dans l’intimité, dans la noirceur. Je ne dis pas qu’il ne faut pas déclarer ces gestes impudiques, d’hommes et de femmes qui abusent des enfants, mais je ne sais pas si pour le bien de la société en général, il est nécessaire voir salutaire de les étaler sur la place publique. Je trouve qu’il y en a davantage que par le passé. C’est bien dans le sens où ça permet à d’autres peut-être de réfléchir à leurs gestes avant de passer aux actes, mais pour la société en général, ça créée comme une drole de réaction, de jugement facile, bref, j’ai de la difficulté à comprendre ce genre de sensations fortes dont la plupart des êtres humains aiment s’imprégner…
Je lisais tout à l’heure que notre belle Nathalie a un nouvel amoureux. Ça s’est une bonne nouvelle. Une meilleure façon je pense de passer à autre chose que de retourner sur la scène avec du vieux matériel passé. C’est encore une belle fille, plus forte, il est certain, elle a des choses à dire et à communiquer et pourra sûrement le faire plus facilement maintenant qu’elle a pris la décision de passer à autre chose. Écrire, développer des ateliers d’aide, ou bien carrément passer à un autre sujet … ça ce serait encore meilleure mais bon, il faut vider le sceau d’eau avant de le remplir à nouveau hein …
Je lui souhaite toute la sérénité du monde à cette belle jeune femme et j’espère sincèrement qu’aux cours des prochaines années, elle nous reviendra autrement, dans quelque chose où nous pourrons découvrir à nouveau cette belle lumière, ce bouton devenu fleur, et qu’elle aura comme nous, tourner la page …
Ana
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