Photo de San Sharma
C’est cet adage qui me vient en tête ce matin à l’idée de la mort de Michael Jackson. J’ai passé une partie de la soirée hier à regarder des vidéos, entrevues et apparitions présentant ce chanteur, il faut bien se l’avouer ce matin, que l’on appellera maintenant le Popking défunt.
Nous oublions, trop vite peut-être, les grands de ce monde, et ce, peut importe le domaine dans lequel ils nous ont léguer quelque chose. Je crois que lorsque l’on parlera dans le futur de Jackson il faudra parler effectivement d’un legs car ce grand artiste nous aura transmis tout un héritage musical et que de souvenirs de jeunesse, pour ma part, que de planchers de danse foulés au son de sa musique enlevante et que de cris et de chants lancés dans l’air pour le plaisir du défoulement.
J’ai choisi ce matin cette photo publiée sur la page Flickr de San Sharma car c’est celle qui me faisait plus vivre d’émotion par rapport à Jackson… en fait, en la regardant, je vois toute sa candeur, sa douceur, son mal de vivre aussi, sa tristesse chronique, sa nostalgie profonde… Derrière cet artiste accompli, ce danseur sans répit, ce chanteur fougueux, se tapissait aussi cet enfant mal aimé, poussé à bout de carrière dès l’enfance, ce fils peut-être, nous le pensons, surestimé par son père, malheureux dans un monde hostile ou du moins réfractaire à sa personnalité si deep … combien de fois un intervieweur a ressenti une gêne, ou du moins du malaise avec le personnage qu’il était devenu.
Jackson était, fort probablement, on peut le penser, et comme nous tous un peu au fond, blessé par quelque chose de profond qui survivait en lui année après année. La preuve qu’on a beau connaître la gloire, la richesse, l’admiration, nul ne peut échapper à ses tourments intérieurs et aux besoins intrinsèques que nous avons tous de cheminer par en avant pour se défaire d’un passé destructeur. Ce fils chéri, qui amenait à sa famille gloire et richesse, devait-il porter jour après jour ce fardeau d’être nécessaire, un peu accessoire disons-le, au confort de ses proches. C’est son arrivée dans le groupe des Jackson qui a modifié considérablement le cours de cette famille légendaire.
Ce qui m’a le plus frappée hier soir en regardant les innombrables vidéos, ses clips, ses entrevues, ses apparitions publiques, c’est son talent. J’avais oublié avec les années, moi qui ne foule plus tellement les planchers de danse, la gloire extraordinaire qu’il avait connue et à ma grande surprise qu’il connaissait encore avec ses derniers albums. Sa fougue aussi, son cri du cœur dans ses chansons, le côté dynamique qu’il avait quand il embarquait sur une scène et qui le quittait le rideau se refermant sur lui … Également, l’attachement de ses fans et l’impact de son œuvre sur les gens “on the planet” … des fans en pleurs l’écoutant donner une prestation, des pairs en admiration en lui remettant un trophée pour l’ensemble de son œuvre… en effet, il y a deux ou trois ans, pour les 25 ans de Thriller il avait reçu un hommage assez touchant … Je crois que j’en ai perdu un bout dans sa carrière … Du moins, pendant toutes ces années n’ais-je pas ressenti que cet homme était encore autant apprécié par les amateurs de musique et de danse du monde entier. Ces frasques, toutes ces suppositions sur son orientation sexuelle, sur sa vie un peu délirante, m’ont fait oublier l’homme, le génie artistique.
Aussi, cette humilité, presque maladive, cette difficulté à vivre la célébrité. Ce malaise public, caractéristique parfois des grands artistes. Les plus grands ne sont pas nécessairement les plus charismatiques dit-on … je suis d’accord … Ce côté enfant aussi qui l’habitait profondément. Sa ménagerie, son site de vie plus imaginaire que l’irréel lui-même. Qui m’a amenée à réfléchir à l’avenir de ses propres enfants… qu’arrivera-t-il à ces trois children dont il prenait grand soin dit-on… ce que je crois. Il avait des penchants particuliers dans sa manière de vivre, nous l’avons tous reconnu à un moment ou un autre de sa carrière, mais je crois que la grande sensibilité qui l’habitait et surtout ce besoin qu’il a eu lui-même d’être aimé de son père, sa quête d’amour, a fait de lui, possiblement, un père aimant et présent pour ses propres enfants. osons l’espérer … l’avenir nous le dira car après avoir côtoyé un tel homme auront-ils peut-être un jour envie de nous le partager…
Quelle surprise hier matin que d’apprendre cette mort à l’aube d’un come back qui se voulait majeur, déterminant pour sa carrière. Les prochaines semaines nous en apprendront sûrement davantage sur ses dernières années de vie et sur les causes de sa mort dont, on se doute bien, a dû être teintée de produits artificiels.
Un artiste intense, il va sans le dire, un grand talent qui a marqué son époque et qui demeurera, un peu comme Elvis pour le rock’n’roll, le king de la musique pop telle que moi je l’ai vécue et intégrée dans ma jeunesse.
Amen Jackson … Fait en sorte de faire bouger le ciel où tu pourras sûrement vivre à fond maintenant ton Neverland …
Ana tristesse XX

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