PLEINEMENT MOI

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Dépassé 50 ans, l’équilibre n’est pas un frein. C’est une stratégie de vie.

Accepter l’innaceptable

Il y a des moments dans la vie où nous vivons des événements, qu’ils soient issus du hasard ou déjà programmés, et où nous sentons que cette fois, ça ne passera pas aussi facilement… y a comme une grosse bouchée à avaler… le corps et l’esprit se rebutent, on sent le tout monter en soi et c’est parti le brassage d’énergies nous fouette par en-dedans.

Avouons-le, parfois l’innaceptable, c’est vraiment tenace.  Ça s’acharne et nous fait vivre dans l’obstination, l’opiniâtreté.  On l’oublie pendant quelques heures, quelques jours, et puis ça nous reprend comme une obsession, ça tiraille… c’est comme on dit « une agace » qui nous colle aux baskets…  c’est persistant et on voudrait s’en défaire mais on y arrive pas.  On voudrait passer à autre chose mais ça reste là, enfoui, ça chatouille nos nerfs, accroche notre estomac… y a pas plus résistant que l’innaceptable.

Le meilleur moyen de passer au travers, dit-on, c’est de le laisser aller, de ne rien brusquer, de se donner le droit de ressentir que ce soit de la tristesse, de la colère, voire même dans certains cas, de la haine.  Le hic, c’est que lorsque l’on est la proie de ces émotions négatives, on a malheureusement les pires idées noires en soi.  On laisse la place à l’innaceptable qui peut alors nous tirailler voir même nous anéantir.  On veut soit mourir, soit se rouler en boule et ne plus voir personne, soit hurler sa rage… bref, on est tout sauf agréable et on se replie sur sa blessure comme un animal traqué.

C’est à ce moment-là qu’il faut arrêter de résister.  Quand ce déraisonnable ennemi s’empare de nous on doit avoir la sagesse de s’abandonner à l’autre en avouant sa tristesse, sa rage, sa honte.  En nommant cet inadmissible, cet injustifiable… cet enfoiré d’innaceptable.  Pour le sortir de nous-même, on doit le partager, le disséquer, le machouiller en mille mots, larmes ou cris.  L’évacuer comme un mauvais souffle, un virus de malheur.

Nous avons, pour la plupart d’entre nous, la chance d’être sains d’esprit, intelligents, ce qui fait que lorsque cet irrecevable entre en nous, on le sait.  Nous demeurons, dans le meilleur du possible, dans une certaine réalité malgré la brume, la pénombre ressentie en soi, et ce même si on ne sait plus toujours où se trouve le sud ou le nord.   Et c’est surtout pour cela qu’il faut réagir à temps, pour ne pas sombrer dans la noirceur d’un drame, ne pas laisser l’impardonnable, l’inconcevable ou l’inexcusable, nous étouffer, nous voler notre énergie vitale ou nous exterminer.  Il faut refuser de le laisser gagner.  Pourquoi ?  Parce que vous en sortirez encore plus brisé.  Se battre, c’est vivre.  On a le droit de tomber, on a le droit de prendre une pause, mais arrêter de se battre, c’est mourir, c’est abdiquer et laisser cet injustifié nous envahir à tout jamais.

Bien sûr, ça fait mal de rester lucide, sincèrement, bien plus que si on se laisse porter par le déni, ou pire, la folie.  Et se battre parfois c’est long, pénible, démoralisant.  Mais c’est le seul moyen dans certains cas de tenter de demeurer en vie : garder les deux pieds collés au plancher et essayer par tous les moyens de demeurer solide, comme un grand chêne.  La tempête va faire son oeuvre, elle pourra nous frapper, nous plier, on ne tombera pas si on reste conscient que le mauvais temps, ça finit inévitablement par passer et ça, c’est l’acceptable, le raisonnable, l’approuvable qui nous l’a appris avant.

Le mieux, le vraiment bien, ce serait de se prémunir contre l’innaceptable en tentant de voir venir les choses, les événements.  Mais tout comme moi, vous ne croyez pas aux boules de cristal pas plus qu’aux baguettes magiques.  La vie bien c’est comme ça, y a des bonnes et des mauvaises surprises.  Par contre, chaque fois qu’un innaceptable passe dans votre vie, il vous rend plus fort pour le prochain.  Ce qui fait que ce grand ennemi de l’émotion et du sentiment a pas mal moins d’emprise avec le temps sur nos vies au grand bonheur de notre esprit, de notre coeur, et de nos proches…

Amen.


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