PLEINEMENT MOI

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Dépassé 50 ans, l’équilibre n’est pas un frein. C’est une stratégie de vie.

La résilience

Ce soir, je veux parler de ce thème que je préfère à la bienveillance un peu trop à la mode et parfois galvaudé par les temps qui courent. J’ai un collègue qui me parle souvent de cet état psychologique qu’est la résilience et de l’importance de la pratiquer dans nos vies. Je pense qu’il ne se doutait pas qu’on la vivrait par voie obligée si fortement en ces temps de COVID-19.

Depuis mon confinement, on dirait que je comprends mieux ce qu’il voulait m’apprendre, me transmettre. Nous travaillons tous les deux dans le domaine de la finance, un secteur pas toujours facile et où il faut accepter les règles écrites et non dites qui viennent avec. Un domaine où on peut se retrouver en compétition même avec nos propres collègues. Où il faut accepter que le client est roi et que c’est lui qui choisit son camp et où la meilleure offre arrive on ne sait pas toujours quand et par qui. Un travail où parfois tous nos efforts, même les meilleurs, peuvent rester vains.

Bref, depuis que je côtoie ce collègue, j’ai eu souvent à entendre ce mot, la résilience. Il me rappelle à quel point il est important de l’intégrer dans notre pratique professionnelle si on veut demeurer sain d’esprit. Et pour tout dire, dans cette période où je vois ma liberté m’être substitués par une solitude sociale imposée, je lui vois des sens et des angles inexplorés.

Vous, êtes-vous résilient ? Est-ce que vous acceptez sans vous battre les aléas de la vie ou vous êtes plus du style confrontant ? J’ai l’impression que les gens que je connais qui sont résilients voient constamment les bons côtés de la vie, que jamais ils ne mordent le pavage, qu’ils sont toujours des petits êtres parfaits. Je les envie à certains moments. Est-ce que ce sont des sages ? Est-ce que sagesse et résilience sont parentes ensemble ? Ce ne serait pas la première fois qu’on verrait de la consanguinité dans le vocabulaire.

Et la patience, que vient-elle faire avec la résilience ? Etre patient, pour moi, ce ne serait pas la même affaire. En fait. être patient, peut vouloir dire attendre, se battre en silence. Alors que résilience… c’est comme abandonner, laisser tomber, je ne sais pas, c’est moins gratifiant me semble… non ? Comme si on abdiquait, qu’on changeait de cap par souci de ne pas se faire du mal … inutilement. Est-ce que toutes les situations requièrent de la résilience ? Possiblement que non.

Mais en même temps, j’ai l’impression que la résilience c’est un peu comme un antidépresseur. Tu ne te laisses pas tomber dans la tristesse, dans la négativité. Tu acceptes. Est-ce cousin de l’acceptation ? La fesse gauche peut-être…

Je pense être une résiliente à plusieurs moments mais pas de façon toujours spontanée. J’y parviens parce que la sagesse me dicte de le devenir. Mais je ne le suis pas naturellement. Pour y arriver, je dois pratiquer parfois même fortement. Me parler, tenter de comprendre, je passe avant par la révolte, je n’abdique pas aussi facilement que ça, non, cette inévitable amie dans le malheur précède souvent sa consœur. J’aime me dire que je suis forte, que je suis capable. Ça m’aide à me faire croire que je vais passer au travers. On a tous nos outils n’est-ce pas.

Le concept de la résilience serait apparu dans les années 40. Jeune quand même comme découverte. Un petit 60 ans, un peu plus vieille que moi la gentille dame. On aurait découvert à ce moment-là que ceux capables de la mettre en pratique passaient mieux les épreuves en rebondissant plus facilement, moins douloureusement ou plus rapidement.

Toutefois, nous ne serions pas tous doués pour la résilience au même niveau. Cette dernière se nourrissant de sérotonine ou de dopamine. Si vous en êtes dépourvus ou avez épuisé vos réserves, gare à vous, il vous faudra travailler possiblement plus fort.

De plus, si vous avez eu un environnement familial plus sain, vous en seriez naturellement plus pourvu que les autres. Scientifique tout cela ? Faudrait vraiment que j’approfondisse le sujet. Mais, d’emblée, je crois aux forces développées au cour de notre existence. L’hormone du bonheur se cultive, j’en suis convaincue, naturellement ou chimiquement, selon la vitesse et le niveau que l’on veut l’atteindre.

Apprendre à plaisanter de ses malheurs, les tourner en un certain ridicule, ça dédramatise les situations, les rend moins effrayantes. C’est aussi cela être résilient. Attention toutefois de rencontrer le déni au passage car lui, il peut nous endormir longtemps. Il a un certain charisme avec les êtres humains en quête de bonheur.

Dans mon cas, l’écriture m’aide à devenir plus résiliente. Elle me permet de canaliser mes émotions, me permet de les apprivoiser, de leur parler dans les mots que j’utilise, le sens que je donne à mes textes. Vous le savez si vous me suivez depuis un certain temps sur ce blogue, je peux avoir le verbe et le mot sensibles, parfois profonds et à d’autres moments légèrement sarcastiques. La vie ne permet pas toujours de manger une boite de chocolats.

Je pense que j’y arrive tranquillement dans ma vie. Je combats moins, je rigole plus de ce qui m’arrive. Je tente d’être plus flexible, de vouloir moins contrôler, de laisser aller, de ressentir, de comprendre. Je n’apprends pas toujours, certaines leçons sont plus difficiles que d’autres. Mais je fais l’effort de vouloir y arriver.

Et vous, comment définissez-vous le mot résilience ? Est-ce inné en vous ou la vie requiert que vous en fassiez un certain apprentissage ?

Anathyna

COPYRIGHT – DROIT D’AUTEUR 2020 – Nathalie Arseneault – tous droits réservés, pour tous pays.


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Réponses

  1. Bonjour Nat,
    La résilience ?
    Vaste sujet… Pour moi, la résilience, c’est la capacité à transformer un évènement extrêmement traumatisant, destructeur, en un piédestal pour ré-ouvrir les yeux et vivre…
    C’est un long chemin (parfois sur plusieurs dizaines d’années) où l’on va descendre en soi pour détricoter tout ce que le cerveau a construit pour assurer sa survie.
    Voir froidement les faits. Éventuellement les revivre avec ses tripes et sans doute avec beaucoup, beaucoup d’émotion et de larmes…
    Ne pas les oublier mais…les cristalliser.
    Puis…. lâcher les fardeaux…
    Je te conseille le livre de Boris Cyrulnik « Les vilains petits canards »
    Belle journée confinée.
    Jacques

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    1. Merci Cœur de Lyon pour la suggestion de lecture. Je regarde ça de plus près. Je crois moi aussi que la résilience est plus que l’abandon ou pire le déni. Plusieurs l’interprètent mal et y voient plutôt du lâcher prise. La résilience demande plus de travail sur soi, plus d’approfondissement. Elle est là, quand justement le lâcher prise n’a pu faire son travail. Qu’il n’était pas suffisant. Il fait sûrement partie du processus de résilience toutefois. Un vaste sujet que cette résilience. Merci pour le partage. Nathalie

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