Quand je regarde devant moi, il y a l’horizon. Que le ciel soit bleu ou parsemé de nuages, pour l’instant je ne ressens rien de ce que je croyais. En fait je ne vois pas grand chose devant moi. Il y a comme un changement majeur dans ma façon d’aborder la situation. C’est comme si j’étais engourdie, que mon esprit est comme figé dans un espace temporel dans lequel il se plaît à patauger. Il a pris pour un temps le contrôle de mon moi intérieur et il m’étonne de par sa capacité à affronter, de par sa volonté à ne plus me voir m’enfoncer dans une situation qui n’avait de cesse de me faire tourner en rond.
Mon corps lui est davantage en action, il bouge constamment, comme en réaction à cet esprit qui sans le vouloir tente de lui soutirer son énergie. Ma tête de son côté s’active, elle a plus d’idées que je ne peux en traiter à la fois moi qui pourtant est très alerte intellectuellement . Signe que je suis ballotée dans un spin mais qui n’est pas mauvais en soi puisqu’il me porte à poser des gestes pour changer de cap. Il y a longtemps que je n’ai été dans autant d’élan et de volonté à ne plus retourner me frotter contre ce mur d’escalade indomptable.
J’ai rangé mes cordages, mes crampons, je ne grimpe plus. Je préfère mettre mes pieds bien à plats sur le sol de toute mes forces et m’assurer de ne plus m’envoler vers des sommets qui finissent par me ramener vers le bas de façon abrupte à chaque fois. Marcher vers l’horizon me rassure et je suis confiante que je vais y trouver un havre éventuellement. On ne sort pas d’une tempête aussi émotive soit-elle sans avoir le cheveu ébouriffé et l’âme en broussaille. Le lâcher prise va me replacer la coiffure, j’en suis fort aise.
Chaque jour je me lève en débutant un nouveau chapitre de l’histoire de ma vie. Je joue mon propre cinéma. Je suis mon actrice principale. Il y a des scènes qui requièrent beaucoup d’intensité, d’autres qui me permettent un grand repos et enfin certaines qui comme aujourd’hui doivent être vécues avec un grain d’optimisme et de bienveillance. On ne gagne pas des prix aux Oscars pour vivre une vie comme la mienne, mais c’est mon long-métrage à moi et je dois en être fière.
Anathyna
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